Interview de Céline Morineau

Interview de Céline Morineau

Quel est votre parcours professionnel ?

Avant d’être éducatrice Montessori, j’ai surtout été éducatrice spécialisée durant une quinzaine d’année. J’ai travaillé principalement dans le secteur du handicap social, mais aussi mental et physique. Mon souhait était d’aider les enfants et d’apporter mon soutien concret aux plus démunis. L’éducateur a une double mission : contribuer à l’épanouissement personnel de chaque personne en situation de handicap et à son insertion dans la société.

Pouvez-vous nous présenter le cours du Faro ?

Le cours du Faro est un établissement scolaire primaire hors contrat. Il dispose d’une classe maternelle Montessori et de 4 classes élémentaires. L’école a pour volonté de répondre aux besoins des familles ainsi qu’aux spécificités de chaque enfant. Son indépendance permet aux enseignants de profiter d’une totale liberté pédagogique. Les effectifs de l’école sont réduits à une vingtaine d’élèves par classe élémentaire, afin d’être plus attentif à chacun.

Comment êtes-vous devenue enseignante en classe de CP et non en CM par exemple ? Était-ce un choix de votre part ? 

J’enseigne actuellement dans une classe maternelle de triple niveau avec une répartition de 31 enfants par tiers, de petites, moyennes et grandes sections. Cette répartition est particulière à la pédagogie Montessori. Je m’y suis formée car elle correspondait à mes attentes. Le matériel dont nous disposons contribue au développement de chaque enfant tout en respectant son rythme individuel.

Comment s’est fait le choix de la pédagogie JQR plutôt qu’une autre pédagogie ?

Il m’a été proposé lors de mon embauche, d’être formée à la pédagogie Jean Qui Rit, que je ne connaissais pas. J’ai tout de suite accepté cette opportunité d’offrir un choix d’apprentissage plus varié aux enfants et j’aime apprendre. L’objectif de la direction était que je puisse faire le lien entre la pédagogie Montessori enseignée en maternelle, avec la pédagogie Jean Qui Rit, enseignée par ma collègue de cours préparatoire. Au moins sur le dernier trimestre, avec les grandes sections, afin qu’ils ne sentent pas trop perdus lors de leur intégration en CP.

Quand avez-vous suivi la formation ? Avez-vous un souvenir particulier ?  

J’ai suivi la formation dans son intégralité l’été dernier et à l’automne 2024. J’en retiens que c’est une méthode d’apprentissage spécifique à la lecture et l’écriture par le rythme, le chant et le geste. Bien-sûr, je retiens aussi l’intérêt de ce nouvel apprentissage ainsi que la grande bienveillance des formatrices et la bonne ambiance générale et solidaire du groupe. La joie si chère à Jean Qui Rit était présente.

Quels aspects préférez-vous dans la pédagogie JQR ?

La pédagogie Jean Qui Rit respecte le besoin de mobilité des enfants. Elle a pour point commun avec la pédagogie Montessori d’être sensorielle en étant visuelle, auditive et kinesthésique. Aussi elle permet aux enfants un apprentissage totalement inconscient et simple des sons et des lettres. Elle les amène à la lecture et à l’écriture avec plaisir.

Quels conseils donneriez-vous à une maîtresse qui débute cette année scolaire 2024-2025 avec JQR ?

Je viens moi-même de débuter ! Les premières semaines, il m’a fallu suivre consciencieusement les tableaux de progression résumés par l’association. Je les gardais près de moi lors des leçons. Je pense qu’il faut un peu d’entraînement pour les acquérir parfaitement. Heureusement la méthode s’utilise quotidiennement ce qui m’a permis d’intégrer rapidement chants et gestes. Mais aussi lecture, écriture, leçon de silence ou exercices d’orientation. Je n’ai pas encore utilisé les exercices de copie et de dictée en maternelle. La méthode est très complète et permet de guider intégralement l’enseignant.

Les parents, vos collègues comprennent-ils et connaissent-ils la pédagogie JQR ?  

Trois de mes collègues ont été formés à la pédagogie Jean Qui Rit ainsi que le président de l’association de l’école et sa femme bénévole. Notre directrice a cette volonté aussi. 

Le mot de la fin ? (projet 2025, résolution JQR en classe, fioretti à partager, …)

Ma formation s’est terminée en octobre 2024. J’étais en réflexion car je savais que mes élèves de grandes sections liraient déjà. Je les y avais préparés en Montessori. J’ai donc décidé d’appliquer la méthode Jean Qui Rit auprès des élèves de moyenne section. Comme me l’avait demandé ma direction, les enfants de grandes sections ont bénéficié des leçons, afin que le lien se fasse entre la maternelle et le cours préparatoire. Pour moi, c’était expérimental. J’ai été impressionnée par la vitesse et la facilité d’apprentissage des enfants, et le lien a pu se faire naturellement et simplement avec la pédagogie Montessori enseignée à la suite. Après à peine 6 mois de pratique, un tiers de mes élèves de moyenne section sont entrés dans la lecture. La méthode JQR a aussi profité à l’un de mes élèves de grande section pour lequel la pédagogie Montessori ne convenait pas. Je suis fort reconnaissante d’avoir été formée à la pédagogie Jean Qui Rit et je remercie tous les acteurs qui me l’ont permis.

Ce contenu a été publié dans Portraits utilisateurs, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.