Pratiques pédagogiques : sur le maintien des chants et gestes en fin d’année de CP
Corine Munoz, enseignante Jean Qui Rit depuis 25 ans, membre actif de l’Association répond à Laura, enseignante en CP :
« En février, mes élèves connaissent déjà bien leurs sons et commencent à lire. J’ai l’impression que continuer les chants et gestes à ce stade ralentit le rythme de la classe et surcharge le programme.
Est-ce vraiment encore utile de maintenir les chants et gestes en milieu d’année ? »
Voici la réponse de Corine Munoz, enseignante Jean Qui Rit depuis 25 ans :
« On nous pose souvent cette question en février : les chants et gestes ne ralentissent-ils pas la classe, maintenant que les enfants commencent à lire ? Cette question dit quelque chose de notre époque — une époque qui valorise la vitesse et le rendement. Mais elle repose sur un malentendu fondamental. Jean Qui Rit n’est pas une technique que l’on range une fois les premières acquisitions faites : c’est une pédagogie avec une cohérence dont les trois piliers gestes, rythme et chants, sont indissociables, qui prend en compte toutes les dimensions de l’enfant, son rythme propre.
Ce que l’on oublie, c’est qu’en février, les enfants ne savent pas encore lire, pas au sens plein du terme : la lecture fluide, incarnée, rythmée, se construit sur un cycle complet, jusqu’à la fin du CE1. Le rythme, le chant et le geste ne sont pas des options : ils activent simultanément les mémoires auditives, visuelles et kinesthésiques, soutiennent le développement des fonctions cognitives, et donnent cet élan sans lequel apprendre est plus compliqué.
Les méthodes utilisées par la pédagogie Jean Qui Rit sont des « rituels » à tenir jusqu’au bout — et qui rendent les enfants profondément heureux. Pour aller vite, il faut d’abord prendre le temps ! Les choses pérennes se construisent dans la durée et la répétition. C’est là toute l’exigence — et toute la promesse — de Jean Qui Rit.”
