Du côté de la recherche – Le rythme, un besoin neurologique
Pourquoi les enfants retiennent-ils si bien une comptine ? Parce que leur cerveau est rythmique. Les neurosciences le confirment : lors de l’apprentissage, les neurones synchronisent leur activité sur des oscillations régulières — appelées ondes thêta — qui constituent le socle neurologique de la mémorisation (Nature Communications, 2025).
Mieux encore, depuis 2020, une équipe du CNRS de Lyon (Fiveash, Tillmann et al.) a montré dans plusieurs études qu’une simple amorce rythmique améliore significativement le traitement du langage chez l’enfant : un enfant qui a chanté ou scandé est neurologiquement mieux préparé pour lire.
Marcel Jousse (1886-1961) l’avait pressenti bien avant l’IRM. Dans son Anthropologie du Geste, il posait que l’être humain est fondamentalement « rythmique et bilimité » : son corps à deux battants — deux bras, deux hémisphères — génère naturellement une pensée en balancement. Ce qui se rythme, s’incarne. Ce qui s’incarne, s’imprime et se retient. Chanter, gestuer, dessiner en rythme dans l’espace ou sur la table : ce que font les enfants dans nos classes n’est pas un jeu. C’est la façon de mettre leur cerveau en condition d’apprendre.
Ce rythme cérébral joue également un rôle clé dans la prévention de la dyslexie : des chercheurs de l’Inserm et du CNRS ont montré qu’une anomalie du cortex auditif — une sensibilité réduite aux sons modulés autour de 30 Hz — suffit à expliquer les trois principales difficultés des enfants dyslexiques (Neuron, 2011). Un cerveau bien entraîné au rythme et aux sons de la parole est un cerveau mieux protégé.
C’est précisément ce que propose la pédagogie Jean Qui Rit : en jouant avec les sons et le rythme dès le plus jeune âge, elle stimule la conscience phonologique et prépare naturellement le cerveau à l’apprentissage de la lecture — tout en réduisant le risque de dyslexie.
Sources : Jousse M., L’Anthropologie du Geste, Gallimard, 1974
Fiveash A. & Tillmann B., équipe CNRS/Inserm Lyon
Nature Communications, déc. 2025.
Et si vous souhaitez approfondir la question du lien rythme / dyslexie, voici le lien de deux articles de l’Inserm qui traitent le sujet :
– Une seule anomalie à l’origine des trois manifestations principales de la dyslexie
– Corriger la dyslexie en rythme
